Le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi a annoncé hier jeudi à Kinshasa, le lancement officiel d’un «Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État», pour une durée maximale de trois mois, sans précision sur la date précise du début de ces consultations.
Dans un discours adresse à la Nation, le Chef de l’Etat congolais a expliqué que l’objectif de ce Dialogue est de permettre au peuple congolais de ne plus se contenter seulement de «répondre aux manifestations successives» des crises que connait le pays, mais d’«en traiter enfin les ressorts profonds».
Le programme annoncé prévoit des consultations dans les 26 provinces du pays, qui se prononceront sur plusieurs questions (gestion administrative, développement, sécurité…) et feront des propositions, avant la tenue des assises nationales à Kinshasa.
Le Dialogue impliquera la majorité, l’opposition, la société civile et les confessions religieuses. L’opposition armée, qui combat la République par les armes ou agit au service d’une puissance étrangère, est exclue.
Le Président a insisté sur le fait que «le Dialogue ne constituera ni une négociation avec l’agresseur (…) ni un moyen détourné de remettre en cause le choix souverain du peuple exprimé par les urnes» ; les institutions de la République devant continuer d’exercer pleinement leurs prérogatives jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats.
Le dirigeant congolais a écarté toute amnistie générale pour les auteurs de crimes graves. Pour lui, « la paix ne saurait signifier l’impunité ; les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, (…) et les autres crimes imprescriptibles ne pourront être effacés par une amnistie générale ni sacrifiés au nom d’un compromis politique».
Pour favoriser des échanges sincères, Tshisekedi a fait part des mesures de confiance et de décrispation politique. Il a assuré que « ce Dialogue garantira une parole libre, contradictoire et responsable, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et de l’intérêt national».
Un comité d’organisation sera mis en place prochainement pour préparer le Dialogue dont les travaux devraient aboutir à l’adoption d’un Pacte national, assorti d’une stratégie de sa mise en œuvre.
« L’heure est au sursaut, à l’unité et à l’action. Car si la démocratie nous autorise à nous opposer ; la Patrie, elle, nous interdit de nous déchirer », a conclu le Chef de l’Etat.
