Près des trois quarts des élèves affectés par les catastrophes climatiques vivent dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur, selon une nouvelle analyse publiée jeudi par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et relayée par le Service d’information de l’ONU.
Dans ces pays où les systèmes éducatifs disposent souvent de moyens limités pour assurer la continuité de l’enseignement face aux crises climatiques, les filles paient le tribut le plus lourd, menacées par un décrochage scolaire massif.
« Les filles sont particulièrement vulnérables au décrochage. Lorsque les écoles et les installations sanitaires sont endommagées, que les familles sont déplacées ou perdent leurs revenus, elles peuvent être davantage sollicitées pour les tâches domestiques, les soins aux proches ou la collecte de l’eau », explique l’agence onusienne qui pointe aussi du doigt le mariage précoce.
Dans son analyse, intitulée « Apprentissages interrompus », l’UNICEF passe en revue 106 pays et territoires au monde, mettant en évidence l’impact croissant des phénomènes météorologiques extrêmes sur l’éducation en 2025.
Les tempêtes, inondations et vagues de chaleur ont bouleversé la scolarité de plus de 171 millions d’enfants durant cette année, touchant près d’un élève sur dix à travers le monde. Au-delà des dégâts matériels que connaissent certains établissements, l’absentéisme chronique et les déplacements forcés des populations enferment ces jeunes dans une précarité éducative, multipliant le risque de décrochage scolaire.
« Pour des millions d’enfants, les aléas climatiques ne font pas qu’interrompre les leçons : ils détruisent des écoles, déracinent des familles et écartent durablement de la salle de classe les enfants les plus vulnérables, en particulier les filles », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell.
L’agence onusienne exhorte ainsi les gouvernements à renforcer la résilience climatique des systèmes éducatifs, notamment en investissant dans des écoles capables de résister aux phénomènes météorologiques extrêmes, et dans des dispositifs permettant de maintenir les apprentissages pendant les crises.
Elle insiste également sur la nécessité de mieux financer l’éducation afin de donner aux jeunes les savoirs clés pour s’adapter au changement climatique.
« Les aléas climatiques menacent la vie et l’avenir des enfants. Nous devons investir dans des écoles et des systèmes éducatifs conçus pour résister aux chocs climatiques », a averti Catherine Russell.
