La décision du Premier ministre mauricien de céder son poste à son fils crée la polémique

Le Premier ministre de la République de Maurice, Sir Anerood Jugnauth, 86 ans, qui devait annoncer sa démission ce lundi, a créé en même temps, une vive polémique dans le pays notamment dans les rangs de l’opposition, en annonçant à la télévision, que c’est son fils qui va lui succéder.

«Je soumettrai ma démission lundi à la présidente de la République. Je cèderai ma place à un leader plus jeune et plus dynamique, Pravind Jugnauth, qui dispose d’une majorité au Parlement», a-t-il déclaré.

Pravind, 55 ans, ministre des Finances, est dirigeant du premier parti de la coalition et peut, à ce titre, prétendre à la primature. Mais l’opposition et une partie d’ailleurs de la majorité ne l’entendent pas de cette oreille. Les opposants ont appelé à une action concertée pour barrer la route à cette machination.

Pour leur part, le vétéran Sir Anerood Jugnauth et la partie de la majorité le soutenant, estiment qu’il ne s’agit pas là d’une succession de père en fils, mais du respect de la Constitution du pays et de la démocratie.

Selon les termes de la Constitution, le chef de l’Etat, en l’occurrence la présidente Amenah Gurib Fakim doit, après consultations, nommer le député susceptible de réunir une majorité parlementaire comme Premier ministre. Dans l’éventualité où ce dernier ne parviendrait pas à obtenir la majorité au Parlement, la présidente devrait dissoudre l’Assemblée nationale et convoquer de nouvelles élections générales.

Sir Anerood Jugnauth est un monument de la politique mauricienne. Il était Premier ministre depuis décembre 2014, après avoir déjà occupé le même poste entre 1982 et 1995, puis entre 2000 et 2003. Il a été également chef de l’Etat entre 2003 et 2012.

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