Dans son «Rapport mondial 2026» rendu public ce mercredi 04 février, l’ONG Human Rights Watch (HRW) accuse les gouvernements du Rwanda, du Burundi, de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République centrafricaine (RCA) d’avoir restreint davantage les droits civils et politiques durant l’année 2025.
« Les populations des pays d’Afrique centrale ont été confrontées à des risques croissants au cours de la dernière année, qu’il s’agisse d’attaques ou de déplacements forcés dans l’est de la RD Congo ou de la suppression des droits fondamentaux ailleurs dans la région », a expliqué Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale chez HRW.
Pour ce responsable, les organismes régionaux et internationaux devraient inciter les gouvernements des pays concernés « à protéger les civils et à défendre l’espace démocratique. »
En RDC, l’organisation de défense des droits humains souligne que le conflit qui oppose le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, aux forces armées congolaises a conduit à de nouvelles atrocités dans l’est du pays. Le M23 aurait commis de nombreux crimes de guerre, y compris des meurtres et des violences sexuelles, tandis que l’armée congolaise et ses alliés Wazalendo auraient également commis des crimes de guerre.
L’ONG pointe du doigt les élections locales et législatives au Burundi et la présidentielle en RCA, qui auraient été marquées par des abus. Dans les deux pays, affirme-t-elle, les candidats de l’opposition ont été empêchés de se présenter. Globalement, les autorités des quatre pays ont réprimé les médias, la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique.
Toutefois, HRW salue les mécanismes de justice internationale qui ont fait des progrès significatifs dans les affaires concernant l’Afrique centrale en 2025, soulignant que la Cour pénale internationale a condamné deux chefs anti-balaka pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en RCA, et l’ancien ministre de la RDC, Roger Lumbala, comparaît devant la justice française pour des faits similaires.
L’ONG insiste sur le respect des obligations internationales et des droits fondamentaux, qui doit rester une priorité absolue pour les gouvernements d’Afrique centrale, y compris en contexte de conflit. Elle préconise une mobilisation internationale coordonnée pour garantir la protection des civils et la fin de l’impunité des auteurs de crimes graves.
