L’organe parlementaire de l’Union européenne (UE) a appelé jeudi 12 mars, à la libération de Mohamed Bazoum, «président démocratiquement élu» du Niger, détenu « arbitrairement » après son éviction suite à un coup d’état militaire en 2023.
Dans une résolution adoptée à une écrasante majorité de 524 voix pour, 2 contre et 29 abstentions, les députés européens accusent les autorités militaires de violations graves des droits humains.
Ils condamnent la répression exercée par Niamey contre les acteurs politiques, les journalistes et la société civile, et appellent également à la libération immédiate de toutes les personnes détenues.
La résolution note également une dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire, marquée par l’augmentation du trafic d’êtres humains, d’armes et des flux migratoires irréguliers à travers le Sahel.
Sur le plan humanitaire, les parlementaires ont souligné la nécessité de garantir la continuité et l’accessibilité de l’aide dans les zones de conflit, tout en exprimant leur profonde préoccupation face à l’intention du Niger de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI).
Devant ce qu’ils considèrent comme une « tendance régionale inquiétante à la régression de la démocratie et des droits humains au Sahel », les députés ont, par ailleurs, appelé au rétablissement de l’ordre démocratique, des partis politiques et à l’organisation d’élections libres et régulières dans le pays.
Réagissant à cette résolution, le ministre nigérien des Affaires Étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a convoqué à son cabinet, le même jour, la chargée d’affaires par intérim de la délégation de l’UE au Niger, Nicoletta Avella, pour « notifier à la Diplomate européenne, l’indignation du Gouvernement Nigérien ».
Après avoir dénoncé l’« attitude paternaliste et condescendance de l’UE », et exprimé « sa détermination à n’accepter aucune injonction d’où qu’elle vienne », Niamey a remis une lettre officielle de protestation a Mme Avella, « dans laquelle le Gouvernement condamne fermement l’ingérence de l’UE dans les Affaires intérieures du Niger».
