Au Soudan, le principal obstacle de l’aide humanitaire n’est plus l’accès physique ou logistique aux populations, mais le manque de fonds pour nourrir les millions de personnes désormais accessibles, a déploré, lundi le chef par intérim du Programme alimentaire mondial (PAM), selon les informations rapportées par le Service d’information de l’ONU.
De retour après huit jours passés au Soudan, Carl Skau, a alerté, depuis Oman et lors d’une visioconférence avec des journalistes au siège de l’ONU à New York, sur le manque d’argent qui menace de réduire une aide qui, malgré les combats, parvient encore jusqu’à certaines des régions les plus isolées.
« Nous avons maintenant les capacités et nous avons la présence, mais nous n’utilisons pas pleinement cet espace en raison du manque de financement », a-t-il déclaré, soulignant aussi que sans nouvelles contributions, le PAM risque de devoir « réduire encore davantage » ses opérations dans les prochaines semaines.
Evoquant la plus grande crise alimentaire au monde aujourd’hui, l’agence onusienne indique que près de 20 millions de Soudanais sont confrontés à une faim aiguë, dont environ 5 millions à des niveaux urgents.
Bien que le PAM vienne en aide à 4 ou 5 millions de personnes chaque mois, dont plus de 2 millions dans les zones les plus difficiles d’accès, ses financements se tarissent, insiste-il. L’agence n’a reçu que 206 millions de dollars jusqu’ici en 2026, contre 645 millions l’année précédente, soit une baisse de plus de la moitié. Il lui manque désormais près de 300 millions de dollars pour le simple maintien de ses opérations actuelles.
La guerre civile au Soudan, qui a éclaté en avril 2023, a déplacé environ 13 millions de personnes et fait au moins des dizaines de milliers de morts. Cette année, 36 structures de santé supplémentaires vont fermer leurs portes faute de financements internationaux, privant plus de 470 000 personnes d’accès aux soins.
A l’approche de l’Assemblée générale de l’ONU, Carl Skau a réclamé un engagement politique fort pour mettre fin à la guerre. Mais dans l’immédiat, a-t-il rappelé, les Soudanais ont au moins droit à « l’aide humanitaire de base ».
