Le Président guinéen, Mamadi Doumbouya a procédé, ce dimanche au cœur de la capitale Conakry, à l’inauguration officielle de Nimba Gold Refinery, une infrastructure industrielle qui incarne la nouvelle stratégie nationale, celle de rompre avec l’exportation brute de l’or noir, pour imposer la transformation locale des ressources minières du pays.
Cette inauguration s’est déroulée en marge de la célébration du 68e anniversaire de l’Armée nationale. « Un symbole fort : après avoir affirmé sa volonté de défendre sa souveraineté territoriale, le pays pose un acte concret en faveur de sa souveraineté économique », lit-on dans le communiqué de la présidence.
L’ambition pour le pays « est claire : l’or extrait du sous-sol guinéen ne doit plus seulement quitter le territoire à l’état brut ; il doit aussi être transformé, valorisé et raffiné en République de Guinée, afin que le pays tire pleinement profit de ses propres richesses », poursuit la même source.
Après avoir coupé le cordon inaugural, le Chef de l’Etat a effectué une visite guidée des installations, découvrant les différentes étapes du processus industriel, de la fonderie aux tables de refroidissement et de séchage.
Nimba Gold Refinery, d’une capacité de traitement de 733 tonnes, est présenté comme une source de création d’emplois qualifiés pour les jeunes Guinéens. Le projet devrait permettre d’améliorer la traçabilité de l’or, de renforcer la transparence et de mieux maîtriser la chaîne de production et de commercialisation.
Selon le ministre guinéen des Mines et de la Géologie, Bouna Suylla, ce projet s’accompagne d’un dispositif réglementaire strict, visant à sécuriser les opérations et à garantir davantage de transparence.
Au-delà de l’aspect industriel, l’impact de cette raffinerie touche aussi la souveraineté financière du pays. En barrant la route aux flux informels, cette infrastructure permettra à la Banque centrale guinéenne de capter une part stratégique du métal précieux afin de consolider durablement ses réserves de change.
Conakry a annoncé, par la même occasion, la construction en cours de trois autres raffineries d’alumine, dans le secteur de la bauxite, traduisant une volonté plus large des autorités d’accélérer l’industrialisation du pays.
La Guinée ne veut plus seulement être reconnue pour l’immensité de ses ressources naturelles, mais aussi pour sa capacité à les transformer, à créer de la richesse et à peser davantage dans l’économie mondiale, conclut le communiqué.
