Interdiction du Mouvement islamique chiite au Nigeria

La présidence de la république du Nigeria a annoncé, ce dimanche dans un communiqué, l’interdiction du Mouvement islamique chiite du Nigeria (IMN), suite à une série de manifestations meurtrières dans la capitale Abuja.

La veille, la Haute Cour fédérale de Justice a autorisé le gouvernement d’interdire ce mouvement chiite radical pour «terrorisme et activités illégales».

Abuja a précisé que l’interdiction ne vise pas l’ensemble des chiites, mais uniquement IMN. « L’interdiction du Mouvement islamique du Nigeria (IMN) n’a rien à voir avec l’interdiction aux nombreux chiites pacifiques et respectueux de la loi dans le pays de pratiquer leur religion », a précisé la présidence.

Elle « vise à décourager la violence gratuite, le meurtre et la destruction volontaire de biens publics et privés », a-t-elle poursuivi.

Dans son communiqué, la présidence a indiqué que « des extrémistes qui ne croient pas aux manifestations pacifiques et utilisent au contraire la violence et les incendies criminels ont pris le contrôle » de l’IMN, « semant la peur et sapant les droits des autres ainsi que des autorités constituées ».

Lundi 22 juillet, à Abuja, au moins six manifestants, un journaliste et un policier ont été tués dans des violences qui ont éclaté pendant une marche organisée par l’IMN pour réclamer la libération de son leader, Ibrahim Zakzaky, emprisonné avec sa femme depuis 2015.

L’IMN a réagi dimanche à la décision du tribunal, avant même l’annonce de la présidence. Un de ses responsables, Yahiya Dahiru, a qualifié le verdict de « développement dangereux », lors d’une conférence de presse à Abuja.

« Vous ne pouvez jamais stopper une idéologie, vous ne pouvez jamais stopper une idée, vous ne pouvez jamais stopper notre religion », a-t-il martelé, assurant que les manifestations se poursuivront tant que Zakzaky ne serait pas libéré.

Ce lundi, le leader du mouvement islamique et son épouse doivent comparaitre devant une cour spéciale de l’Etat de Kaduna. En décembre 2016 un tribunal fédéral avait ordonné la remise en liberté du couple, mais le gouvernement n’avait pas cédé, lançant au contraire de nouvelles accusations à son encontre.

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