L’ONU approuve une résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves africains de « plus grave crime contre l’humanité »

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté, mercredi 25 mars, une résolution qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de « plus grave crime contre l’humanité », un vote historique porté par le Ghana, au nom du Groupe des Etats d’Afrique.

L’adoption de ce texte, entériné par 123 voix pour, 3 contre (Argentine, États-Unis et Israël) et 52 abstentions, constitue « un rempart contre l’oubli » et vise à « affirmer la vérité et tracer la voie vers la guérison et la justice réparatrice », a souligné le Président ghanéen, John Dramani Mahama, selon le service d’information de l’ONU.

Dramani a indiqué que ce projet de résolution est le « fruit de mois de consultations et de recherche de consensus menées par des instances continentales, des nations, des experts, des universitaires et des juristes. »

La résolution déclare que « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains sont les plus graves crimes contre l’humanité », et il importe de « remédier aux torts historiques subis par les Africains et les personnes d’ascendance africaine », sachant que les demandes de réparations sont « un pas concret vers la réparation de ces torts ».

Le SG de l’ONU, António Guterres, a dénoncé « un ordre mondial pervers », où le pouvoir « agissait sans conscience ». Il a appelé à s’attaquer aux héritages durables de l’esclavage, à savoir l’inégalité et le racisme.

« Nous devons nous engager, pleinement et sans hésitation, en faveur des droits de l’homme, de l’égalité et de la dignité inhérente à chaque personne », a-t-il insisté, soulignant qu’à cet égard, la deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine et la Décennie des réparations de l’Union africaine revêtent une importance capitale.

Guterres a exhorté les pays à se servir de ces outils « pour stimuler l’action visant à éradiquer le racisme systémique, à garantir une justice réparatrice et à accélérer un développement inclusif, caractérisé par un accès égal à l’éducation, à la santé, à l’emploi, au logement et à un environnement sûr. »

Il a également appelé les États à respecter la souveraineté de l’Afrique sur ses ressources et à lui garantir une place équitable dans les instances financières mondiales et au Conseil de sécurité.