L’Afrique a enregistré en trois ans 215 morts parmi les travailleurs humanitaires, tel est le constat fait, jeudi, par des responsables des opérations humanitaires de l’ONU devant le Conseil de sécurité, précisant que 130 humanitaires ont péri au Soudan, 60 au Soudan du Sud et 25 en République démocratique du Congo.
Au niveau mondial, plus de 1.000 morts ont été dénombrés, dont plus de 560 à Gaza et en Cisjordanie, rapporte le service d’information de l’ONU.
« Ce n’est pas une escalade accidentelle. C’est l’effondrement de la protection », a fait part Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU, qui rappelle que ces femmes et ces hommes ont été tués alors qu’ils distribuaient nourriture, eau, abris et médicaments, parfois à bord de convois clairement identifiés.
Tom Fletcher alerte aussi sur l’asphyxie de l’action humanitaire. « Nous ne sommes pas seulement tués, notre action est entravée, pénalisée, délégitimée. On nous dit où ne pas aller, qui ne pas aider. Nous sommes harcelés ou arrêtés pour avoir fait notre travail. On ment sur nous et ces mensonges ont des conséquences », a-t-il déploré.
Il a regretté que le droit international humanitaire soit devenu « moins commode » dans le monde, où ceux qui tuent « n’en paient pas le prix », et où les humanitaires sont parfois perçus comme des « cibles légitimes ».
Les responsables humanitaires ont relevé, parmi les manquements observés, l’absence de sanctions à l’encontre des auteurs de crimes, ainsi que le sous-financement des actions humanitaires.
Sans action concrète pour garantir la protection, la redevabilité et la poursuite des auteurs de ces crimes en justice, la spirale de violence contre les humanitaires risques de s’aggraver, au détriment des millions de personnes qui dépendent de leur aide, ont-ils interpellé.
