Alors que la dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI) en Côte d’Ivoire, continue de susciter de vives réactions, le mouvement « Aube Nouvelle » a indiqué que cette initiative gouvernementale, qui n’est pas une simple formalité administrative, devrait servir de point de départ pour une refonte profonde et transparente du système électoral national.
Pour son leader, Vincent Toh Bi Irié, cette refonte exige, entre autres, « de mener de façon rigoureuse et impartiale un audit complet de cette défunte structure », considérant que vingt-deux ans d’actifs et de passifs institutionnels ne sauraient être liquidés aussi aisément.
« Il faut un audit financier sur la transparence de la gestion des fonds du contribuable ivoirien mis à la disposition de la commission et sur les enseignements tirés des dépenses de chaque secteur (personnel, équipement, opérations électorales, éducation des électeurs et autres) », a-t-il insisté.
Ce responsable a plaidé aussi pour l’ouverture par le Gouvernement des discussions et des consultations avec les Partis politiques et la société civile sur la nature, la forme et les missions de la future agence qui gérera les élections en Côte d’Ivoire. Au cas contraire, « on accentuera les doutes et les scepticismes, si une nouvelle agence voit le jour par décision gouvernementale unilatérale », d’après ses propos.
Enfin, Toh Bi Irié a défendu que la réforme du dispositif électoral ne concerne pas que la CEI ; elle exige aussi une révision des attributions du Conseil Constitutionnel, organe au cœur des contentieux électoraux depuis plus de deux décennies.
Le président d’Aube Nouvelle a suggéré de décharger ce Conseil du contentieux électoral, et de créer une Haute Cour Electorale qui « concentrera toutes les attributions en matière judiciaire » et n’aura pour unique matière que les élections.
L’établissement d’une nouvelle liste électorale ou encore les réformes constitutionnelles sur les conditions d’éligibilité sans ambiguïté, sont autant d’autres propositions formulées par ce leader.
« Nous espérons vivement que la dissolution de la CEI hier est le début élaboré d’une ère nouvelle d’une démocratie ivoirienne exemplaire, une ère nouvelle…. », a-t-il conclu.
Pour rappel, la dissolution de la CEI a été acté le 6 mai dernier, lors d’un Conseil des ministres qui a justifié cette décision par les nombreuses critiques dont fait l’objet cette institution.
