Les autorités tchadiennes ont adopté, jeudi en Conseil des ministres, un décret portant déclaration de l’état d’urgence dans la province du Lac, suite aux deux attaques menées au cours de cette semaine par le groupe Boko Haram, contre des unités de l’armée nationale.
Ce régime juridique d’exception qui était le seul point à l’ordre du jour du Conseil, restera en vigueur pendant 21 jours à compter du jeudi 7 mai 2026.
Avant de prendre cette décision, le Conseil a examiné la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Lac, marquée, ces derniers jours, par une recrudescence des attaques barbares de la nébuleuse Boko Haram, des déplacements de populations et des menaces persistantes contre les personnes et les biens, indique un communiqué publié à l’issue de la réunion.
La mesure de l’Etat d’urgence devrait permettre aux autorités administratives et militaires de la province du Lac de prendre toutes les mesures nécessaires pour contrer toute menace susceptible de troubler la quiétude de la population dans cette région.
Le Chef de l’Etat tchadien, Mahamat Idriss Deby Itno qui a présidé la réunion du Conseil des ministres, a profité de cette occasion, pour présenter ses condoléances aux familles endeuillées et remercier le gouvernement du Nigeria pour son « soutien et la bonne coordination » dans la riposte engagée par les Forces de Défense et de Sécurité tchadiennes, afin de traquer et neutraliser les terroristes de la secte Boko-Haram.
« C’est dans les moments difficiles qu’on reconnait ses vrais amis », a souligné le Chef de l’Etat tchadien, faisant état de la maîtrise totale de la situation par l’armée tchadienne.
Bien que l’état d’urgence touche principalement la province du Lac, le président a appelé à une vigilance dans l’ensemble du pays et sommé le gouvernement de durcir la sécurité à N’Djamena, la capitale, en particulier dans les lieux de culte et autres lieux de rassemblement, afin d’éviter toute infiltration des insurgés.
La province du Lac est une zone de conflit chronique dans la mesure où elle sert de refuge aux insurgés. Suite à deux offensives meurtrières de Boko Haram, survenues les 4 et 6 mai, et ayant coûté la vie à au moins 26 soldats tchadiens, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national.
