La République démocratique du Congo (RDC), qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité durant ce mois de juillet, a défendu, mercredi à New-York, la vision de repenser la gestion des ressources naturelles à l’échelle mondiale, de telle sorte que lesdites ressources soient au service de la paix, a annoncé a présidence congolaise dans un communiqué.
S’exprimant au nom du président de la RDC, lors d’un débat public de haut niveau au Conseil de sécurité de l’ONU à New-york, placé sous le thème « La gouvernance des ressources naturelles : fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité », la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner a notamment souligné que «la gouvernance des ressources naturelles est un enjeu majeur de paix et de sécurité internationales».
L’objectif du débat était de promouvoir un nouveau narratif qui plaide pour la transformation de la «malédiction des ressources» en un cercle vertueux, où les ressources minières et environnementales servent de leviers de paix plutôt que de carburant pour les conflits.
Mettant en avant la situation de son pays, la ministre congolaise des Affaires étrangères a affirmé que, dans la partie orientale de la RDC, « la paix durable demeure indissociable de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, du démantèlement des groupes armés (…) et de la fin des réseaux qui permettent à des minerais issus des zones de conflit d’intégrer les chaînes d’approvisionnement mondiales».
Kinshasa préconise ainsi à l’ONU, la création d’un Groupe des Amis de la gouvernance des ressources naturelles. Cette plateforme devrait favoriser un dialogue permanent entre États producteurs et consommateurs, organisations internationales, institutions financières, secteur privé et société civile, afin de renforcer la coopération internationale autour de cette question stratégique, explique la même source.
Le communiqué cite le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui, devant les membres du Conseil de sécurité, a reconnu que « les revenus tirés de l’exploitation illicite des ressources naturelles éloignent trop souvent la paix», évoquant notamment le cas de l’Est de la RDC où les groupes armés continuent de profiter de l’exploitation illégale des minerais pour s’armer et recruter de nouveaux combattant pour semer la terreur.
«Il est temps de rompre avec ce vieux schéma où les ressources sont extraites, la valeur créée ailleurs, et les communautés appauvries laissées seules face aux dégâts environnementaux et sociaux », a suggéré le patron de l’ONU.
