La Cour pénale internationale (CPI) a dénoncé, hier jeudi dans un communiqué, les nouvelles sanctions imposées par le Gouvernement des États-Unis à sa présidente, la juge japonaise, Tomoko Akane et au premier substitut du Procureur, le Sénégalais Abdoulaye Seye.
« Ces sanctions constituent une attaque flagrante contre l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale qui accomplit le mandat que lui ont confié les États parties appartenant à toutes les régions du monde », lit-on dans le texte.
Selon la Présidence de l’Assemblée des États Parties, ces mesures qui viennent s’ajouter aux précédentes désignations « constituent des tentatives regrettables visant à entraver la Cour et son personnel dans l’exercice des fonctions qui leur ont été confiées, à savoir enquêter sur les affaires concernant les crimes les plus graves connus de l’humanité et en juge».
« Lesdites mesures portent atteinte à l’engagement commun en faveur de l’état de droit, de la lutte contre l’impunité et de la préservation d’un ordre international fondé sur des règles », a-t-elle insisté, rappelant qu’à cette date, ce sont neuf des 18 juges de la Cour, deux Procureurs adjoints, un ancien Procureur et un membre du personnel qui se trouvent sous le coup de sanctions des États-Unis.
La juridiction internationale souligne que les pressions et sanctions de l’administration américaine entravent également la capacité des victimes à obtenir justice, étant donné que celles-ci se tournent vers la Cour lorsque toutes les voies de recours ont été épuisées.
La Cour, refusant de se laisser intimider, réaffirme son « soutien sans faille » à son personnel et aux victimes d’atrocités inimaginables, ainsi que son engagement à continuer d’exercer pleinement son mandat, de façon impartiale et en toute indépendance, conformément au Statut de Rome.
La CPI remercie les États parties, la société civile et tous les défenseurs de l’état de droit et de la justice pour les victimes de crimes internationaux, pour leur solidarité. Fort de ce soutien, elle promet poursuivre sa mission avec détermination.
De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit « gravement préoccupé » par les nouvelles sanctions américaines, rappelant que les Nations unies considèrent la CPI comme un pilier essentiel de la justice pénale internationale.
