Le Tchad exige des preuves et une enquête internationale après les accusations du Niger

Le Gouvernement tchadien a rejeté « avec la plus grande fermeté » les accusations de Niamey imputant aux Tchadiens une frappe de drone le 24 octobre dernier dans la zone d’Émiloulou, région d’Agadez, exigeant des autorités nigériennes des preuves tangibles.

Par la voix de son Porte-parole, le gouvernement de N’Djamena dément formellement avoir « ordonné, conduit ou soutenu une quelconque opération militaire aérienne depuis son sol contre le Niger ». Le Tchad réfute également « tout concours prêté à une autre puissance étrangère pour mener une action hostile contre le Niger. »

Le Gouvernement tchadien refuse également « d’être érigé en bouc émissaire des turpitudes sécuritaires internes » du Niger.

Tout en soulignant qu’« aucun Etat ne peut être publiquement désigné comme auteur d’une attaque armée sur la seule foi d’affirmations unilatérales », le Tchad demande l’ouverture immédiate d’une une enquête internationale indépendante pour faire toute la lumière sur cet incident.

Le Gouvernement tchadien rappelle les premières accusations de Niamey diffusées à la suite des événements des 28 et 29 août 2026, devant lesquelles il avait choisi de ne pas « alimenter une polémique publique inutile ».

« Cette retenue procédait de la volonté de préserver les relations fraternelles historiques entre nos deux pays. Elle ne vaut ni acquiescement, ni faiblesse. La gravité des nouvelles accusations rendent désormais indispensable une mise au point sans équivoque », a-t-il martelé, refusant que le nom du Tchad soit « déshonoré en l’associant à des accusations récurrentes aussi graves, au nom d’un narratif constant à désigner comme ennemi du Niger tout État entretenant des relations avec un partenaire qu’il juge indésirable».

Le Gouvernement rappelle que le Tchad est un « pays pivot dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Ses forces de défense et de sécurité, au prix du sacrifice ultime, ont contribué à préserver l’intégrité et la stabilité des pays frères, y compris le Niger. »

N’Djamena exige des autorités nigériennes « que cessent les mises en cause publiques dépourvues de preuves », tout en soulignant son ouverture « à un échange direct sur des faits établis ».