L’ONG Amnesty International a condamné fermement, ce jeudi 07 mai, dans un communiqué, le report sine die, par le gouvernement zambien sous une présumée pression diplomate de la Chine, de «RightsCon », la plus grande conférence mondiale sur les technologies et les droits humains, censée débuter le 5 mai 2026 à Lusaka et en ligne, et qui aurait cédé aux.
Pour justifier cette décision, le ministère zambien de l’Information et des Médias avait indiqué, dans un communiqué publié le 29 avril, que ce report a été «requis par la nécessité de divulguer de manière exhaustive des informations cruciales relatives aux principaux thèmes proposés pour les débats durant le sommet (…) afin de garantir qu’ils soient pleinement alignés sur les valeurs nationales de la Zambie, ses priorités en matière de politique et les considérations d’intérêt général ».
Les organisateurs de cette conférence, Access Now, pointent plutôt du doigt une « ingérence étrangère » directe. Selon leur déclaration, des responsables du ministère zambien de la Technologie auraient indiqué avoir subi des pressions de la part de diplomates chinois qui contestaient la participation de la société civile taïwanaise à cette conférence.
Dénonçant cette mainmise de Pékin, Sarah Brooks, directrice d’Amnesty International pour la Chine, a déclaré que « les pressions coercitives qui sous-tendent l’annulation de facto de RightsCon illustrent clairement la tendance croissante et délétère des autorités chinoises à abuser (…) de leur influence sur d’autres gouvernements afin de faire taire la dissidence (taïwanaise), en particulier lorsque l’État chinois considère qu’il y a une menace».
« Nous condamnons fermement ces actes, constitutifs d’une répression transnationale », a-t-elle martelé, ajoutant que « ce type d’intimidations étatiques et de manœuvres politiques ne peut rester sans conséquences ».
Brooks a invité tous les Etats à se mobiliser et à soutenir RightsCon afin de trouver un autre endroit et de permettre la tenue de ladite conférence cette année.
L’ONG Amnesty a appelé la Zambie à enquêter sur l’ingérence étrangère dans cette affaire et justifier le report de l’événement qui devait accueillir plus de 5.000 personnes issues de 150 pays, représentant 750 organisations et institutions, pour débattre de questions urgentes à la croisée des technologies et des droits humains.
