L’ONG Human Rights Watch (HRW) a déclaré, jeudi dans un communiqué, que la junte militaire au Niger a établi un régime autoritaire, démantelé les institutions démocratiques et intensifié la répression depuis sa prise du pouvoir, après avoir renversé le régime du président Mohamed Bazoum il y a trois ans.
Cette organisation de défense des droits humains accuse les militaires au pouvoir d’avoir consolidé des pouvoirs étendus et incontrôlés, affaiblissant systématiquement les institutions susceptibles de demander des comptes aux autorités militaires.
Le régime a restreint drastiquement les libertés publiques à travers, entre autres, la dissolution de tous les partis politiques et de plusieurs syndicats indépendants, et la répression de la presse. Au niveau international les militaires ont décidé de retirer le Niger du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).
« Les chefs militaires ont étendu leur propre pouvoir tout en restreignant l’espace civique et en fermant les recours judiciaires pour les victimes », a dénoncé Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à HRW.
Pour l’ONG, le Niger qui s’était déjà retiré de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en 2025, a affiché sa « volonté plus large (…) de restreindre les possibilités de responsabilisation au niveau régional et international. »
Niamey a également tenté de réprimer les critiques au-delà des frontières nationales, poursuit l’ONG, soulignant que, depuis fin 2024, les autorités ont temporairement déchu au moins 18 figures de l’opposition en exil de leur citoyenneté nigérienne, sur le fondement d’une ordonnance de 2024 sur le terrorisme.
Concernant la situation sécuritaire dans le pays, elle a continué à se dégrader, les groupes armés islamistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique ayant mené à plusieurs reprises des attaques meurtrières contre des civils dans la région occidentale de Tillabéri.
L’organisation accuse les forces de sécurité nigériennes d’avoir répondu aux attaques par des opérations de contre-insurrection violentes, citant une frappe de drone militaire nigérien a tué, en janvier, au moins 17 civils sur un marché bondé dans l’ouest du pays.
Allegrozzi a invité les partenaires internationaux du Niger à « faire pression sur les autorités pour qu’elles respectent les droits fondamentaux, libèrent les personnes détenues arbitrairement, cessent de cibler les opposants politiques et les détracteurs et définissent une feuille de route crédible vers un régime civil. »
