Maroc /Télécommunications : Le partage des infrastructures qui fait polémique

Le partage des infrastructures des télécommunications au Maroc que l’ANRT, le gendarme du marché des télécoms veut imposer à l’opérateur historique, Maroc Telecom, suscite de vives polémiques dans le Royaume et à l’international.

Après un an d’échanges, de saisines et de lobbying, l’Autorité nationale de régulation des télécommunications (ANRT), vient de rendre publique une décision qui fixe les modalités pratiques de partage des installations de génie civil de Maroc Telecom avec les deux autres opérateurs Meditel et Inwi.

Selon des mises en garde formulées par des experts internationaux, la décision du régulateur qui a rejeté toutes les offres de Maroc Telecom, dont la dernière date du 5 décembre, pourrait avoir un effet pervers sur le secteur.

L’ANRT, préviennent-ils, serait en train d’encourager Meditel et Inwi à développer leur marché sans trop investir dans les infrastructures au détriment des investissements antérieures de l’opérateur historique.

En revanche, Meditel et Inwi exigent d’abord le partage des infrastructures à leurs conditions, avant de participer à l’appel d’offre pour le déploiement de la 4G, une manière de faire pression sur le gendarme des télécoms, pour préserver leur position concurrentielle.

Dans un rapport publié dernièrement, l’Institut des études internationales de l’Université de Gadjah Mada basée en Indonésie, estime que de telles décisions «peuvent encourager une attitude passive et attentiste chez les opérateurs».

D’après ce rapport, le partage obligatoire n’inciterait guère les trois opérateurs à investir «notamment dans les infrastructures à forte densité capitalistique comme le réseau à fibre optique».

Dans un autre rapport traitant de l’évolution du marché des télécoms au Maroc, l’Union internationale de télécoms (UIT) lance une autre mise en garde aux responsables du secteur, suite à la chute du Maroc dans le classement mondial établi sur la base d’un Indice de développement des technologies d’information et de communication. En 2014, le royaume a perdu quatre places en un an, et n’occupe plus que le 96ème rang sur un total de 166 pays. Un recul que l’UIT explique entre autres, par un important écart entre les zones urbaines et rurales quant à la pénétration d’Internet.

Les décisions de l’ANRT, risquent, selon les deux rapports, de produire des «distorsions à la croissance à long terme», si les trois opérateurs ne sont pas placés à pied d’égalité en matière d’investissement dans les infrastructures de base pour étoffer le réseau et le généraliser à toute l’étendue du Royaume.

Jusqu’à preuve du contraire, les décisions de l’ANRT sont jugée assez exhaustives concernant les conditions techniques et financières du partage des installations de génie civil de Maroc Telecom.

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