Le gouvernement malien recrute plus de 15.000 «enseignants volontaires» en pleine grève

Le gouvernement malien a lancé lundi une opération de recrutement de 15.300 «enseignants volontaires», une semaine après le début d’une grève dans le secteur de l’Education nationale, dont les agents réclament des augmentations de salaire.

«Il est ouvert un recrutement de 15.300 enseignants volontaires, dont 10.300 pour l’enseignement fondamental et 5.000 pour l’enseignement secondaire, pour une durée de 6 mois», peut-on lire dans un communiqué du ministère de la Jeunesse et des Sports.

A l’appel de huit syndicats du secteur, les enseignants maliens ont entamé le 21 janvier une grève, qui doit s’achever le 7 février, pour réclamer «l’application immédiate» aux enseignants, des mesures décidées pour les fonctionnaires, à savoir une augmentation de 20% accordée en janvier 2019 et une seconde de 9% devant entrer en vigueur en janvier 2021.

Le Premier ministre, Boubou Cissé, avait, quelques jours avant la grève, dénoncé des «revendications de dernière minute» des syndicats, alors qu’une grande partie du budget de l’Etat est absorbé par les besoins sécuritaires dans un pays en guerre contre le jihadisme depuis huit ans.

Il avait menacé de faire appel à 15.000 enseignants au chômage «si les enseignants ne retournent pas en classe» dans les deux semaines.

Les syndicats ont été irrités par ces propos qui traduisent selon eux «le mépris et la haine que le Premier ministre a toujours manifestés vis-à-vis des enseignants».

En mai 2019, le gouvernement malien et les syndicats de l’Education nationale, dont la grève faisait planer le spectre d’une «année blanche», ont signé un accord prévoyant la reprise des cours.

L’accord en dix points a été conclu au cours d’une rencontre sur la crise scolaire avec le Premier ministre Boubou Cissé, prévoyait notamment l’octroi aux enseignants d’une prime de logement et d’une prime de documentation, ainsi que « l’adoption immédiate du projet de décret portant plan de carrière du personnel enseignant » en Conseil des ministres.

Selon un communiqué du gouvernement, les deux parties ont notamment convenu une majoration de l’indemnité de résidence à hauteur de 20.000 FCFA (environ 30 euros).

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