Congo-Brazzaville : Des policiers jugés coupables de la mort de 13 adolescents

La justice congolaise a jugé coupables et condamné à des peines de prison six policiers poursuivis après la mort de 13 jeunes dans les locaux d’un commissariat de Brazzaville en juillet 2018, une affaire qui avait fait grand bruit dans le pays.

Les 13 jeunes victimes  avaient trouvé la mort, dans la nuit du 22 au 23 juillet, dans le commissariat de Chacona (quartier de Mpila, où ils avaient été placés en garde à vue après leur interpellation lors d’une opération de la police visant à «traquer des délinquants» dans un quartier de Brazzaville.

Dans un rapport publié en septembre, l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) affirmait que «ces jeunes avaient été torturés et exécutés» au commissariat de police.

Plusieurs mois après les faits, le commissaire principal de Chacona a été condamné à deux ans de prison ferme et son adjoint à trois ans ferme. Trois autres policiers ont pris douze mois d’emprisonnement ferme tandis que l’unique policière du groupe a été condamnée à douze mois de prison avec sursis.

Ils étaient jugés depuis octobre pour «homicide involontaire et non-assistance à personne en danger» dans cette affaire où l’État congolais comparaissait comme «civilement responsable».

Mais, alors que les ayants-droits espéraient des indemnités, la Cour a estimé ne pouvoir se prononcer sur cette requête, jugeant que «la faute est non détachable de l’administration», a expliqué le président de la troisième chambre de la cour d’appel Dan Dé IbaraIbombo.

«Le tribunal a retenu la responsabilité pénale des prévenus; or la responsabilité pénale entraîne ipso facto la responsabilité civile c’est-à-dire la réparation du préjudice causé. Nous sommes très désolés du jugement rendu», a déclaré à la presse, Me Steve Bagne avocat de la partie civile.

«Ce jugement est un deuxième deuil pour nous. Nous avons perdu une bataille judiciaire, mais nous allons faire appel », a-t-il dit.

Après le drame, le gouvernement congolais avait accordé deux millions de francs CFA (3.049 euros) par famille pour l’enterrement des victimes.

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