L’organisation Human Rights Watch (HRW) a mis en garde contre l’initiative d’une gestion américaine de la transition au Venezuela, après une opération militaire d’envergure menée par les forces armées des États-Unis dans la nuit du 2 au 3 janvier au Venezuela et qui a conduit à l’arrestation et l’exfiltration du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores.
Le président américain, Donald Trump a, en effet, affirmé dès le lendemain que les États-Unis comptaient « diriger » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition ait lieu dans ce pays.
Juanita Gobertus, directrice de la division Amériques à HRW, a souligné que les Vénézuéliens, après des décennies de répression, doivent pouvoir exercer leur droit à des élections libres sans ingérence durable.
« Après des décennies de répression brutale sous le chavisme, les Vénézuéliens méritent une transition rapide vers une démocratie respectueuse des droits et dirigée par des Vénézuéliens ; leurs libertés et leur droit de participer à des élections libres et équitables devraient être respectés », a-t-elle indiqué, rappelant que l’élection présidentielle de 2024 dont les résultats officiels étaient favorables à Maduro, avaient été dénoncés comme frauduleux par la communauté internationale.
HRW a indiqué qu’elle continuera à surveiller la situation dans ce pays, et à enquêter sur toute frappe menée par les États-Unis sur le sol vénézuélien, rappelant l’exécution extrajudiciaire récente de 115 personnes lors d’opérations maritimes américaines dans les Caraïbes et le Pacifique, et dénonçant le mépris de l’administration Trump à l’égard de ses obligations en matière de droits humains.
L’ONG surveillera également la réponse des autorités vénézuéliennes actuelles aux récents événements, y compris toute nouvelle violation des droits des opposants politiques et des personnes exprimant des critiques envers le gouvernement, ajoute-t-elle.
Alors que l’incertitude règne au Venezuela, les défenseurs des droits humains exhortent l’Union européenne et les gouvernements d’Amérique latine à intervenir diplomatiquement pour garantir que cette transition reste pacifique et débouche sur une véritable démocratie respectueuse des libertés fondamentales.
Entre temps, HRW demande la libération immédiate des prisonniers politiques et le jugement des responsables de violations des droits humains sous l’ère chaviste.
