Madagascar connait une répression accrue contre la « Gen Z » aux dépens des réformes promises (Amnesty International)

L’ONG Amnesty International (AI) a accusé cette semaine les nouvelles autorités de transition à Madagascar de durcir la répression contre les militants de la «Génération Z» qui ont pourtant contribué au changement du régime au pouvoir, en octobre dernier, grâce à leurs manifestations.

La junte au pouvoir agirait sous prétexte d’une campagne de lutte contre la corruption et de tolérance zéro, et met en avant des «chefs d’accusation vagues» tels que l’association de malfaiteurs, les menaces à la sécurité nationale et la déstabilisation, pour cibler et réduire au silence non seulement ces militants, mais aussi les membres de la société civile et les personnes liées au régime précédent.

«Nul ne devrait être victime d’une arrestation arbitraire, d’une détention ou d’une disparition forcée simplement pour avoir exprimé ses préoccupations quant à la gestion de son pays», a souligné Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.

Pour lui, les « pratiques autoritaires constituent des violations flagrantes des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique et « visent à instiller un climat de peur, tout en esquivant toute obligation de rendre des comptes quant à la politique gouvernementale, aux nominations et à la gestion des ressources publiques».

Le responsable régional d’Amnesty a appelé les autorités de Madagascar à «mettre fin aux arrestations arbitraires, révéler ce qu’il est advenu de toutes les personnes victimes de disparitions forcées et indiquer où elles se trouvent », avant de demander la libération « sans condition » de toutes les personnes détenues « uniquement pour avoir exercé leurs droits». Par ailleurs, il a invité Antananarivo à cesser de réprimer et de protéger plutôt le droit de manifester.

L’ONG rappelle que la junte militaire à Madagascar a pris le pouvoir à la faveur d’un coup d’État en octobre 2025, à la suite de manifestations menées par la jeunesse qui réclamait une amélioration des services publics, notamment l’accès à l’eau et à l’électricité, ainsi qu’une gouvernance plus efficace et plus inclusive. Les nouvelles autorités avaient alors promis des réformes dans différents secteurs.