L’Ethiopie réfute les accusations d’agression du Soudan

Le gouvernement éthiopien a qualifié mardi 5 mai, de «sans fondement» les récentes allégations émanant du Soudan, accusant l’Ethiopie d’agression contre son territoire, suite à une attaque, la veille, de l’aéroport de Khartoum.

Ces accusations auraient été proférées lors d’une conférence de presse conjointe des forces armées soudanaises, du ministre des Affaires étrangères et du porte-parole militaire, précise un communiqué du ministère éthiopien des Affaires étrangères.

Mettant en avant le «lien d’amitié historique et durable» que partagent les peuples d’Éthiopie et du Soudan, le gouvernement éthiopien dit, pour sa part, avoir «fait preuve de retenue» et se serait «abstenu de rendre publiques les graves violations de l’intégrité territoriale et de la sécurité nationale de l’Éthiopie commises par certains belligérants dans la guerre civile soudanaise».

D’après Addis-Abeba, ces violations comprennent, entre autres, le recours massif à des mercenaires du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) impliqués dans le conflit, arguant que les forces armées soudanaises auraient fourni des armes et un soutien financier à ces mercenaires, facilitant ainsi leurs incursions le long de la frontière occidentale de l’Éthiopie.

Le Gouvernement éthiopien affirme détenir «de nombreuses preuves crédibles montrant que le Soudan sert de plaque tournante à diverses forces anti-éthiopiennes».

Les autorités d’Addis-Abeba accusent également Khartoum d’agir sous l’influence de puissances étrangères, estimant que les «actions hostiles, ainsi que les allégations récentes et antérieures formulées par des responsables des forces armées soudanaises, sont entreprises à la demande de protecteurs extérieurs cherchant à faire avancer leur propre agenda néfaste».

Cherchant plutôt à prendre du recul, l’Éthiopie réitère sa volonté à continuer à «être solidaire du peuple soudanais et à affirmer ses liens d’amitié avec lui en ces temps difficiles», ainsi que son «appel au dialogue entre les belligérants de la guerre civile soudanaise », considérant qu’«il n’existe pas de solution militaire à la crise» soudanaise.

L’exécutif éthiopien a enfin plaidé pour une trêve humanitaire immédiate au Soudan, suivie d’un cessez-le-feu durable et d’un processus de dialogue et de transition indépendant, inclusif et transparent mené par des civils afin de jeter les bases d’une paix durable et du rétablissement du pouvoir civil à Khartoum.

Pour rappel, le Soudan a rappelé pour consultations son ambassadeur à Addis-Abeba, après avoir accusé l’Ethiopie d’être impliquée dans l’attaque qui a visé l’aéroport international de Khartoum.