Le Burkina Faso proteste contre une résolution adoptée à son propos par le Parlement européen

Les autorités de Ouagadougou ont exprimé leur vive « désapprobation » suite à une résolution adoptée par le Parlement européen visant le Burkina Faso, et aux « propos accusateurs, grossiers et mensongers » qu’aurait livré, à cette occasion, un eurodéputé, le français Christophe Gomart.

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a convoqué l’ambassadeur chef de la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, Philippe Bronchain, ce lundi 22 juin, pour un recadrage.

« A travers cette démarche, le gouvernement du Burkina Faso a voulu exprimer sa désapprobation, sa déception et surtout le dégoût que cette Résolution suscite », indique un communiqué du ministère burkinabè.

Pour le Chef de la diplomatie burkinabè, l’argument prononcé devant les députés est « cousu d’informations erronées et constitue un signal de mépris dans la mesure où c’est un argument fait en totale ignorance de ce que le Burkina fait comme effort. »

Alors que le Burkina « se bat depuis longtemps pour faire face à l’insécurité aux côtés du Mali et du Niger », le fait de « voir un parlementaire qui vient donner des chiffres erronés sur un pays qu’il n’a pas visité, nous pensons qu’il a souillé la sacralité du Parlement européen en tenant un discours au relent néocolonialiste », a souligné Karamoko Traoré.

Concernant la Résolution, le ministre a rappelé que le Burkina Faso « agit en toute souveraineté en matière de politique intérieure », avant de dénoncer « cette prétention du Parlement européen de statuer en juge pour dicter des leçons au Burkina Faso en matière de gestion de l’espace civique et en matière sécuritaire».

«Ce député qui a pris la parole, il sait très bien comment la situation sécuritaire a commencé dans le pays. Faisant abstraction de la responsabilité de l’OTAN dans la déstabilisation de la Libye dont les conséquences ont été portées par nos pays ici, qu’il vienne en toute aisance parler de la situation sécuritaire, nous pensons que quelque part c’est malsain », a poursuivi le Chef de la diplomatie burkinabè.

Pour sa part, le chef de la délégation de l’Union européenne a indiqué « avoir pris bonne note du message du gouvernement burkinabè », lequel devrait être transmis « immédiatement à son institution».