Le Mali dément la conclusion d’un accord de réadmission avec l’UE

Les autorités maliennes ont démenti lundi, avoir conclu un «accord de réadmission», avec l’Union européenne (UE), évoqué il y a quelques jours par la diplomatie néerlandaise.

Selon le ministère néerlandais des Affaires étrangères, l’UE avait conclu un accord avec le Mali sur le «retour des demandeurs d’asile refusés», à l’occasion de la visite du chef de la diplomatie des Pays-Bas, Bert Koenders, à Bamako le 11 décembre dernier.

Le gouvernement malien a réagi, par la voie de son ministre des Affaires étrangères,  Abdoulaye Diop, en précisant que la visite de Koenders n’avait pas pour objet de signer un quelconque accord qui permettrait d’expulser d’Europe les Maliens en situation irrégulière.

Au cours d’une conférence de presse qu’il a animé avec son collègue chargé de l’Extérieur, Diop a martelé que son pays «n’entend pas monnayer sa dignité même si l’UE est un partenaire au développement». Aussi, a-t-il expliqué, le communiqué conjoint soldant le séjour de l’émissaire de l’UE à Bamako, s’inscrit «dans le cadre du dialogue de Haut niveau sur toutes les questions de coopération notamment la migration» et «n’a pas la valeur juridique d’un accord.»

Pourtant le président de l’Association malienne des expulsés (AME), Ousmane Diarra, estime que le communiqué en cause tend bien la main aux Européens pour expulser les Maliens, dans la mesure où il prévoit le retour, la réadmission et réintégration des migrants en situation irrégulière.

Lors de célébration de la journée internationale des Migrants, le 18 décembre dernier, Diarra a déclaré au cours d’un point de presse que «les autorités maliennes pourront toujours affirmer qu’ils n’ont jamais signé un accord de réadmission, mais pour autant l’expulsion, le tri, le retour forcé ou planifié des migrants se feront à travers d’autres types d’accords que les pays africains vont signer individuellement avec l’UE.»

Il a ainsi exhorté les autorités maliennes à défendre les droits et les intérêts des migrants maliens partout dans le monde, ainsi qu’à se réserver de signer tout accord qui favoriserait le retour forcé des compatriotes migrants.

La presse internationale qui a largement fait écho de cette signature d’accord a précisé que le Mali serait le premier pays africain à signer un tel accord, suivi par le Niger. Et l’UE continuerait des entretiens avec d’autres pays dans le même sens.

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