Le président gambien sortant déclare l’état d’urgence à la veille de la fin de son mandat

Le président gambien sortant, Yahya Jammeh, a proclamé, mardi 17 janvier, l’état d’urgence dans son pays, qui pourrait aller jusqu’à 90 jours, alors qu’officiellement son mandat devrait prendre fin ce jeudi.

Dans une déclaration télévisée, le chef de l’Etat a dénoncé «un niveau d’ingérence étrangère exceptionnel et sans précédent» dans le processus électoral en Gambie, ainsi que «l’atmosphère hostile injustifiée qui menace la souveraineté, la paix et la stabilité du pays.»

Dans la foulée, Jammeh a prévenu la population qu’il était «interdit de se livrer à des actes de désobéissance aux lois gambiennes, à l’incitation à la violence, ou troublant la paix et l’ordre public». Aux forces de sécurité, il a ordonné de veiller au maintien de la paix et de l’ordre.

Cette situation crée davantage de confusion en Gambie où le nouveau président élu, Adama Barrow, actuellement protégé sur le sol sénégalais, était appelé à prêter sermon ce jeudi.

Yahya Jammeh s’obstine dans son refus de céder le pouvoir à son successeur. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se prépare pour une intervention militaire si la situation persiste. Le week-end dernier, une rencontre réunissant des chefs militaires des pays ouest-africains a eu lieu pour discuter d’un plan de déploiement d’une force militaire. Le Nigéria aurait déployé son navire de guerre le plus récent qui serait en direction de la Gambie.

La communauté internationale et l’Union africaine en particulier intiment aussi Jammeh à céder le pouvoir ce jeudi. Transférer le pouvoir «lui permettrait de partir la tête haute et de protéger le peuple gambien d’un possible chaos», a affirmé, mardi, le porte-parole de la diplomatie américaine, ajoutant que s’accrocher au pouvoir «mettra en péril son héritage politique et la Gambie.»

En plus des pressions internationales de plus en plus croissantes, le président sortant fait aussi face à des tensions au niveau interne. Quelques ministres et autres cadres publics ont déjà démissionné de leurs postes. Dans l’armée, certains officiers refusant de soutenir Jammeh contre Barrow ont été arrêtés dimanche.

Deux pays, notamment le Nigéria et le Maroc ont proposé l’asile à Jammeh au cas où il changeait de position. Pour l’heure, une grande inconnue demeure : ce qui se passera ce jeudi en Gambie. Plusieurs citoyens gambiens choisissent de se réfugier dans des pays voisins, craignant l’insécurité.

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