Human Rights Watch alerte sur les risques majeurs de pollution pétrolière en RDC

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a publié ce lundi 27 juillet, un rapport alarmant sur les activités du seul producteur de pétrole de la République démocratique du Congo (RDC), «Perenco», des activités qui seraient une source de pollution comportant de graves risques sanitaires pour les communautés vivant à proximité de ces installations pétrolières et gazières.

La compagnie pétrolière et gazière franco-britannique exploite des gisements de pétrole à terre et en mer dans la ville de Muanda, province du Kongo-central.

L’organisation de défense des droits humains accuse la compagnie Perenco de procéder au torchage de gaz et au brûlage de déchets, contribuant ainsi à la dégradation de la qualité de l’air. Les fuites de pétrole provenant de puits sur le sol et dans les rivières auraient également engendré des risques sanitaires pour les populations de la région.

Des études indépendantes publiées antérieurement auraient documenté une grave contamination environnementale liée à l’extraction du pétrole et du gaz dans la région.

L’ONG déplore l’opacité du gouvernement qui refuse de publier les conclusions provisoires de l’audit environnemental portant sur Perenco, commandé par Kinshasa fin 2024, en raison de signalements de pollution de longue date.

Une équipe de chercheurs de HRW a mené, en janvier 2026, des entretiens auprès de 45 personnes (résidents locaux, représentants du gouvernement, experts en environnement …), à Muanda et à Kinshasa et analysé des images satellites ainsi que des vidéos et des photographies géolocalisées.

L’ONG affirme dans son rapport, que le torchage du gaz et l’incinération des déchets par Perenco ont contribué à la mauvaise qualité de l’air sur sa concession, créant des risques sanitaires pour les résidents locaux.

Elle estime que le Gouvernement congolais n’a pas assuré un suivi régulier de la qualité de l’air, de l’eau et des sols dans la région de Muanda, en dépit de la législation environnementale congolaise qui interdit certaines pratiques de production pétrolière susceptibles de nuire à la santé publique.

Perenco nie que ses activités «puissent entraîner une pollution de l’air, du sol et de l’eau ou des problèmes de santé aigus néfastes», regrette l’organisation HRW.

Pour Lewis Mudge, directeur de la division Afrique centrale à HRW, Kinshasa « doit faire preuve de transparence quant aux niveaux de pollution pétrolière afin de respecter ses obligations en matière de droit à la santé».