L’OIT pointe du doigt le taux de chômage élevé chez les jeunes dans les États arabes et nord-africains

Les pays arabes et ceux d’Afrique du Nord détiennent les taux de chômage des jeunes les plus élevés au monde, selon un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT), relayé ce mardi 11 août, par le Service d’information de l’ONU.

En 2025, le taux de chômage chez les jeunes a atteint 26,2 % dans les États arabes et 22,6 % en Afrique du Nord, indique l’OIT, précisant que dans les deux régions, au moins un jeune sur trois était classé NEET (sans emploi, ni études ni formation).

Le reste des économies en développement fait par contre face, à un défi d’une autre nature, qu’est la pénurie d’emplois décents, ajoutent les auteurs du rapport, soulignant qu’«il s’agit avant tout de créer suffisamment d’emplois décents pour une population jeune en forte croissance».

Dans de nombreux pays en développement, les faibles taux de chômage masqueraient une « réalité plus précaire. Ne pouvant pas se permettre de rester sans emploi, de nombreux jeunes se tournent vers l’économie informelle, où les revenus sont moins stables et la protection sociale limitée », explique l’OIT dans son rapport.

Près de neuf jeunes travailleurs sur dix, âgés de 15 à 29 ans dans les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, occupent ainsi un emploi informel, précise la même source.

L’Afrique subsaharienne serait confrontée à des pressions démographiques particulièrement fortes, alors que le nombre d’emplois décents disponibles reste insuffisant. Cette situation contribuerait à augmenter le nombre de jeunes qui se retrouvent sans emploi, ni études, ni formation.

Au niveau mondial, les chiffres sont également alarmants. D’après l’OIT, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans a atteint 12,4 % en 2025, soit quelque 67 millions de jeunes sans emploi et la proportion de jeunes NEET a légèrement progressé à 20 %, représentant plus de 257 millions de personnes.

Le ralentissement de la croissance, la faiblesse des créations d’emplois, les tensions géopolitiques et les transformations technologiques fragilisent les perspectives d’une génération qui peine à entrer durablement sur le marché du travail, déplore l’OIT.

Pour son Directeur général, Gilbert F. Houngbo, «une génération qui ne parvient pas à accéder à un travail décent ne peut pas construire son avenir avec confiance», prévenant que «lorsque les jeunes sont exclus des emplois de qualité, les pays perdent des talents, de la productivité et de la cohésion sociale».