Le président burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré, a évoqué ce mercredi 22 avril, sa vision d’une réforme profonde du système carcéral dans son pays, lors d’une visite de terrain au centre pénitentiaire agricole de Baporo (CPAB), dans la région du Nando.
Il a appelé à la transformation de la prison en un lieu de réhabilitation par le travail et le respect de la dignité humaine, reflétant les valeurs de la société africaine.
«La prison doit être humaine. Nous sommes une société, nous ne sommes pas des barbares, nous ne sommes pas violents. Nous sommes une société africaine et en Afrique, le respect de l’Homme est une chose qui nous est intimement liée », a-t-il déclaré. Pour lui, « peu importe la situation dans laquelle se trouve un Homme », celui-ci devrait avoir « un minimum de respect ».
Le Chef de l’Etat a défendu aussi le fait que l’introduction dans le système judiciaire, des peines de Travaux d’intérêt général (TIG) répond à la vision de permettre aux détenus de travailler pour la Nation, se former et apprendre un métier. L’idée n’est plus de maintenir les détenus dans l’oisiveté, mais de les impliquer directement dans le développement du pays.
Cette approche se veut une rupture avec les modèles hérités de l’ère coloniale. « Nous ne souhaitons pas que nos prisons soient à l’image de celles des impérialistes. Nous avons décidé d’humaniser nos prisons (…) et nous allons réduire le nombre de nos prisons et les concentrer dans les zones de production comme celle-ci » de Baporo, a-t-il insisté.
Le Capitaine Traoré a exhorté également les détenus à rester positifs et à apprendre, tout en leur promettant le soutien du ministère de la Justice pour leur permettre de devenir « les citoyens modèles de demain».
Dans le centre pénitentiaire de Baporo, les détenus se livrent à des activités de production agricole et pastorale. Cet établissement a réalisé une production de 240 tonnes en 2025 et, pour l’année 2026, il ambitionne d’emblaver plus de 300 hectares pour une production attendue de 782,5 tonnes.
La prison dispose d’un bâtiment moderne de deux étages pour les détenus. Selon le ministre de la Justice, présent sur les lieux, ce bâtiment, qui a coûté environ 500 millions de francs CFA, comprend toutes les commodités nécessaires pour préserver la dignité humaine en détention.
