L’ex-président de la Côte d’Ivoire, Gbagbo fait état de «1.600 amis en prison»

L’ancien président ivoirien et leader du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo a dénoncé ce week-end, le maintien en détention de centaines de militants politiques de sa formation, à l’issue du premier Congrès ordinaire du parti, tenu vendredi dernier, dans la capitale économique, Abidjan.

«Nous avons plus de 1.600 amis en prison (…), nous avons beaucoup de camarades en prison», a-t-il déploré, avant d’exhorter les militants à travailler pour leur libération.

D’emblée, l’opposant, Gbagbo a remercié les dirigeants de l’«Initiative pour la libération des prisonniers d’opinion» (ILPO) qui, selon lui, « travaillent sans relâche pour s’occuper d’eux et pour obtenir leur libération».

Laurent Gbagbo a fustigé l’incarcération de certains de ses partisans, arrêtés uniquement pour avoir pris part à «une manifestation contre la vie chère». Pour lui, ces arrestations ne sont qu’un prétexte du pouvoir pour réprimer arbitrairement les membres de son parti et de l’opposition.

«Quelqu’un qui participe à une manifestation parce que la vie est chère, on l’arrête, on le met en prison et même quand sa peine est terminée, on le garde encore là-bas. Pourquoi ? Pourquoi ? Si ce n’est pas parce qu’il est PPA-CI ? La vie est chère, mais le dire, est-ce un crime ? », s’est-il interrogé.

Il a rappelé que, sous son règne, les manifestations ne donnaient pas lieu à des arrestations, mais favorisaient plutôt le dialogue autour des revendications citoyennes.

« La démocratie pour laquelle nous nous sommes battus et pour laquelle nous continuons de nous battre, c’est justement pour que chacun puisse exprimer son opinion », a déclaré le patron du PPA-CI, ajoutant avoir une pensée pour « tous les Ivoiriens qui sont en prison parce que leur pensée n’est pas conforme à celle de ceux qui sont au pouvoir».

L’ancien président de la Côte d’Ivoire a laissé entendre qu’il avait créé le Front populaire ivoirien (FPI) puis le PPA-CI pour permettre aux combattants de la liberté d’avoir toujours un instrument de combat à leur disposition, à leur portée, pour se battre et obtenir la liberté, car, a-t-il assuré, «sans liberté, il n’y a pas de développement».

«Veillons à ce que nos libertés soient préservées. Veillons à ce que les acquis de nos luttes soient protégés», a conclu Laurent Gbagbo qui a été reconduit à la direction de son parti à l’issue du congrès.