Le Maroc s’érige en champion industriel de l’Afrique (BAD)

Le Maroc a atteint la position de première économie industrielle d’Afrique, détrônant l’Afrique du Sud, selon l’édition 2025 de l’Indice de l’industrialisation de l’Afrique (AII), lancée ce lundi à Brazzaville par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), en marge de ses Assemblées annuelles 2026 qui se tiennent du 25 au 29 mai en République du Congo.

L’AII 2025, qui a évalué le développement industriel dans l’ensemble des pays africains sur la période 2010-2024, met en évidence une montée en gamme industrielle soutenue, une diversification des exportations et une politique industrielle vigoureuse au Royaume qui est salué par les instances continentales.

Le rapport souligne que l’Afrique du Sud demeure une puissance industrielle continentale, mais sa compétitivité décline régulièrement face à l’émergence de nouveaux pôles.

A l’échelle du continent, le document met en exergue des disparités. L’Afrique du Nord et l’Afrique australe dominent la production et la sophistication des exportations, tandis que l’Afrique de l’Est, de l’Ouest et centrale accusent encore un retard en matière d’industrialisation.

L’AII 2025 a été dévoilé aux côtés d’un autre rapport, notamment le Baromètre de l’investissement industriel en Afrique (AfIIB), élaboré par WITBA Invest SA en partenariat avec Trendeo.

L’AfIIB, qui examine l’industrialisation africaine à travers trois indices (diversification industrielle, attractivité et ancrage productif), mesure le degré d’intégration locale des investissements. Il est indiqué que l’Afrique du Nord arrive en tête des trois, captant 56 % de l’investissement continental cumulé entre 2020 et 2025, le Maroc et l’Egypte en première ligne.

L’AII et ’AfIIB offrent, d’après la BAD, le portrait le plus détaillé à ce jour des pays qui s’industrialisent le plus rapidement, des destinations qui attirent les investissements et de la valeur générée qui demeure sur le continent.

Les deux rapports partageraient un même diagnostic, selon lequel l’intégration industrielle de l’Afrique est faible. Le commerce intra-africain ne représente que 14,4 % du commerce total, ce qui reflète des liens de production régionaux ténus et des écosystèmes industriels fragmentés.

D’après le président de WITBA Invest SA, Harouna Kaboré, « le véritable déficit du continent n’est plus l’absence de stratégies industrielles. L’Afrique en produit désormais en abondance. Ce qui manque encore, c’est la discipline d’exécution, la continuité des politiques publiques, la cohérence systémique entre financement, énergie, infrastructures, capital humain, gouvernance et vision industrielle. »