L’administration des Etats-Unis a expulsé plus de 500 ressortissants de pays tiers vers des pays africains, dans le cadre d’une politique délibérée de dissuasion, selon un nouveau rapport de Human Rights Watch (HRW) publié ce jeudi 08 octobre.
Ce rapport de 125 pages, intitulé « “Faire peur aux gens” : Expulsions par les États-Unis de ressortissants de pays tiers vers des pays d’Afrique », met en lumière le rôle actif ou passif de plusieurs nations du continent africain.
Les personnes expulsées ont été envoyées vers des pays tiers d’Afrique où elles n’ont aucune attache. C’est le cas du Cameroun, d’Eswatini, de la Guinée Equatoriale, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Soudan du Sud, explique l’ONG.
Certains gouvernements africains ont procédé, selon les investigations de l’organisation de défense des droits humains, à des détentions arbitraires de ces migrants à leur arrivée, ou les ont transférés vers des territoires où ils encouraient des risques de torture ou de persécution, enfreignant ainsi le principe de non-refoulement qui est inscrit dans le droit international.
« L’expulsion de personnes vers des pays où elles n’ont jamais mis les pieds fait partie d’une politique américaine visant à infliger des souffrances humaines afin de dissuader les migrations vers les Etats-Unis », a déclaré Michael Garcia Bochenek, directeur par intérim du programme Etats-Unis de Human Rights Watch.
Pour lui, « puisque le gouvernement américain utilise ces accords pour se soustraire à ses propres responsabilités et priver les personnes de leurs droits à une procédure régulière, les gouvernements africains qui ont signé ces accords devraient les résilier ou les suspendre »
Ce responsable fustige l’attitude de plusieurs de ces gouvernements, complices des abus américains, qui violent directement les droits des personnes expulsées.
L’expert insiste sur le fait qu’aucun Etat ne doit « détenir de personnes sans fondement juridique clair », ni renvoyer quelqu’un « vers son pays d’origine ou vers un autre pays où il serait exposé à un risque de persécution, de torture ou d’autres préjudices graves. »
