Première comparution ce lundi de trois dirigeants de la Banque centrale du Liberia

Les trois dirigeants de la Banque centrale du Liberia (CBL), placés en garde à vue dans le cadre du vaste scandale de la disparition de fonds des caisses de cette institution financière, devront comparaître ce lundi 4 mars devant un juge de Monrovia.

Suite à la publication, la semaine passée, d’un rapport relevant «de graves dysfonctionnements dans le système financier du pays», Charles Sirleaf, fils de l’ancienne présidente, Ellen Johnson Sirleaf (2006-2018), ancien vice-gouverneur de la Banque, et Dorbor Hagba, directeur de l’épargne au sein de la BCL, ont été arrêtés pour leur implication présumée dans cette affaire des billets «disparus».

L’ancien gouverneur Milton Weeks, qui a démissionné de son poste après l’accession au pouvoir du président George Weah en janvier 2018, se serait rendu, quant à lui, à la police en fin de semaine, selon la presse locale.

Le rapport de 68 pages, rédigé par le cabinet conseil américain Kroll Associates à la demande du gouvernement libérien, dément une rumeur qui avait circulé l’année passée, selon laquelle des billets nouvellement imprimés en Suède, d’une valeur de 15 milliards de dollars libériens (plus de 100 millions de dollars, soit environ 5% du PIB du pays), avaient disparu au cours de leur transfert vers les coffres de la Banque centrale.

Le document relève plutôt l’existence de problèmes «à tous les niveaux du processus de contrôle des billets entrants et sortants de la BCL» sur la période allant de janvier 2016 à décembre 2018, qui correspond aux deux dernières années de la présidence de Sirleaf et au début du mandat de Weah.

Selon le cabinet, des commandes importantes de nouveaux billets en dollars libériens ont été passées en 2016 et 2017 par la Banque centrale sans appel d’offres et sans l’accord préalable du Parlement, en violation de la Constitution.

Les auditeurs américains notent également que le relevé des entrées et sorties des coffres de la BCL se fait «sur des formulaires écrits à la main» et que la comptabilité de cette Banque ne reflète pas la réalité de ses réserves.

D’après les médias locaux, ces trois hommes, qui comparaissent pour la première fois ce lundi, pourraient être inculpés de «sabotage économique» et de «vol».

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