Amnesty International alerte sur les crimes de guerre des ADF ignorés en RDC

L’ONG Amnesty International dénonce dans un nouveau rapport publié ce mardi 5 mai, une multiplication des atteintes aux droits humains, commises contre des civils dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), les imputant aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) et qui s’apparentent à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Ce rapport fait état d’enlèvements et de travail forcé, de recrutement et d’utilisation d’enfants, ainsi que de violences et de crimes supplémentaires visant les femmes et les filles, comme des mariages forcés.

Les attaques des ADF (groupe lié à l’État islamique) sont perpétrées dans de vastes zones de l’est de la RDC, où le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé soutenu par le Rwanda, se livre aussi à des attaques contre des civils.

Amnesty souligne que les yeux de la RDC et de la communauté internationale sont braqués sur la progression du M23 depuis début 2025, pendant que les ADF ont profité de cette diversion qui détourne ailleurs la mobilisation de l’armée.

La Secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard souligne dans ledit rapport, que «les violences perpétrées par les ADF contribuent à l’escalade de la crise humanitaire (…), ont accru les déplacements et perturbé l’accès à des services de base, notamment l’alimentation, la santé et l’éducation».

Les attaques incessantes des ADF reflètent selon elle, «l’ampleur de l’insécurité et des crises concomitantes dans l’est de la RDC et mettent en lumière la nécessité urgente pour l’État et la communauté internationale de redoubler d’efforts afin de protéger les civils et de traduire en justice les responsables présumés».

«Ces atteintes aux droits humains sont des crimes de guerre que le monde ne saurait continuer d’ignorer. Dans la mesure où elles s’inscrivent dans le cadre d’attaques généralisées et systématiques contre la population civile, elles s’apparentent également à des crimes contre l’humanité », a martelé Agnès Callamard.

L’ONG, qui appelle à mettre fin à l’inaction, alerte que le silence international permet la poursuite des crimes des ADF qui mettent à mal la sécurité et les droits humains dans la partie orientale du territoire de la RDC. L’ONG précise avoir effectué des recherches dans la province du Nord-Kivu en novembre 2025 et a interrogé au total 71 personnes, dont des témoins directs.