Peine de mort : L’Afrique subsaharienne enregistre une forte hausse de condamnations, mais moins d’exécutions

Le dernier rapport annuel de l’ONG Amnesty International sur la peine de mort en 2025, révèle une situation contrastée concernant l’application de la peine capitale en Afrique subsaharienne, en raison du durcissement des décisions judiciaires et des avancées législatives.

La région a enregistré une diminution importante du nombre d’exécutions des peines capitales, passant de 34 en 2024 à 18 en 2025, soit une baisse de 47%, selon le communiqué annonçant la publication du rapport.

Seuls deux pays, la Somalie et le Soudan du Sud, ont appliqué cette sentence suprême l’année passée. Ces deux nations font partie du groupe des cinq pays de la région qui auraient appliqué des peines capitales au cours de la dernière décennie.

A l’inverse, le nombre de condamnations à mort dans la région a augmenté de 74 %, grimpant à pas moins de 443 condamnations en 2024 à 771 en 2025. Le nombre de pays ayant prononcé des condamnations à mort a diminué, de 14 en 2024 à 13 en 2025.

Malgré la hausse des condamnations, l’espoir d’une abolition définitive reste vivant grâce à des signaux politiques encourageants. En effet, des initiatives législatives cruciales visant à rayer la peine de mort de l’arsenal juridique, ont vu le jour dans trois pays d’Afrique subsaharienne à savoir : la Gambie, le Liberia et le Nigeria.

Au niveau mondial, Amnesty International a répertorié au moins 2.707 exécutions dans 17 pays en 2025, contre 1.518 en 2024, en augmentation de 78 %.

Il s’agit du chiffre le plus haut relevé par cette ONG depuis 1981, année où 3.191 exécutions avaient été recensées dans le monde (Chine non comprise), relève le rapport.

Une fois de plus, c’est en Chine qu’ont été exécutées le plus grand nombre de personnes condamnées, déplore l’ONG qui souligne aussi l’impossibilité de connaître la véritable ampleur du recours à la peine capitale dans ce pays asiatique, où ces données étant classées secret d’État.