Le Cameroun et le Nigéria engagent une traque opérationnelle commune le narcotrafic transfrontaliers

Les Douanes et Forces de Police du Cameroun et du Nigéria se sont réunies, les 5 et 6 octobre à Yaoundé, pour sceller une alliance offensive contre les cartels transfrontaliers du narcotrafic, sous l’égide de l’Organe international de contrôle de stupéfiants (OICS), indique un communiqué des douanes camerounaises.

Face à l’explosion du trafic des Nouvelles Substances Psychoactives (NSP) et des opioïdes synthétiques, les deux géants d’Afrique centrale et de l’Ouest entendent dépasser la simple diplomatie des statistiques pour engager une traque opérationnelle, concrète et en temps réel contre les réseaux criminels.

«La frontière commune entre le Cameroun et le Nigéria ne doit plus être une faille exploitée par les trafiquants, mais une barrière hermétique», c’est le message fort qui a ouvert l’atelier bilatéral de haut niveau du programme GRIDS (Global Rapid Interdiction of Dangerous Substances), à l’initiative de l’OICS.

Le Commandant camerounais, Ekolle Félix a reconnu dans son allocution d’ouverture, qu’«aucun Etat ne peut lutter seul contre ces réseaux» des narcotrafiquants.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité directe des engagements pris en juillet dernier à Accra, la capitale du Ghana, avec comme objectif de transformer la longue frontière commune en un espace de vigilance, de renseignement et d’actions partagés.

L’évolution de la menace sur le terrain exige une réponse technologique immédiate. Désormais, les réseaux de trafic de drogue ne se limitent plus aux stupéfiants traditionnels, ils acheminent massivement de nouvelles substances psychoactives (NSP), d’opioïdes synthétiques non médicaux comme le tramadol de contrebande.

Les débats de l’atelier se sont axés sur la réalité brute du terrain, notamment les modes de dissimulation inédits, les nouvelles routes logistiques et techniques d’infiltration.

Le communiqué explique que pour couper les circuits d’approvisionnement des réseaux criminels, l’Afrique occidentale et centrale s’appuient sur le bras armé technologique du programme GRIDS.

Sous la supervision de l’Officier Technique Régional (RTO) basé au bureau de l’ONUDC au Nigéria, les agents des deux pays sont formés au déploiement intensif des plateformes de renseignement de pointe (IONICS, GRIDS Intel et SNOOP).

Ce conclave de deux jours, jalonné de visites sur des sites stratégiques, a eu comme ambition d’initier des enquêtes conjointes et de déclencher des opérations de blocage simultanées de part et d’autre de la frontière. Un message clair est ainsi émis à l’adresse des cartels du narcotique : «l’axe Yaoundé-Abuja est désormais unifié, coordonnée et hautement offensif».