Dans un rapport alarmant, publié ce mercredi 7 janvier, l’organisation Human Rights Watch (HRW) dénonce une campagne de répression brutale menée par les forces de sécurité sud-soudanaises depuis le mois de juin 2025 à Juba, la capitale du Soudan du Sud.
Des garçons et des jeunes hommes seraient détenus et soumis à des actes de torture et à de mauvais traitements, à des actes d’extorsion et à la conscription forcée ; sans oublier des femmes qui seraient battues et violées par des policiers.
« Invoquant la nécessité de réprimer les gangs dans la capitale du Soudan du Sud, les forces de sécurité ont arbitrairement détenu, extorqué et enrôlé de force des dizaines de garçons et de jeunes hommes, et ont violé des jeunes femmes», a affirmé Nyagoah Tut Pur, chercheuse sur le Soudan du Sud à HRW.
Elle a appelé les autorités à « mettre fin à ces abus, libérer les personnes détenues illégalement ou enrôlées de force, et tenir les forces de sécurité responsables de leurs actes. »
L’ONG souligne avoir mené, entre le 7 août et le 23 novembre, des entretiens à distance avec 37 personnes, dont des victimes et des proches de personnes touchées par les rafles menées par le gouvernement à Juba ainsi que des entretiens menés avec cinq activistes de la société civile, des experts des Nations Unies et des experts en protection de l’enfance.
D’après HRW, au cours de la dernière décennie, les violences parmi les jeunes et les activités de gangs ont connu une forte augmentation au Soudan du Sud, sous l’effet de la pauvreté, du chômage, des conflits et des déplacements de population.
Mi-juin 2025, la Police nationale, les Forces de défense populaires du Soudan du Sud et le Service de sécurité nationale ont lancé une opération conjointe dans les quartiers résidentiels de Juba, suite à des informations faisant état d’un viol collectif d’une jeune fille de 16 ans à Juba par des membres présumés d’un gang.
«Les autorités devraient prendre des mesures respectueuses des droits pour lutter contre la criminalité de manière crédible, soutenir les programmes destinés aux jeunes et mettre fin à la marginalisation croissante de la jeunesse du Soudan du Sud », a conclu l’experte de HRW, Nyagoah Tut Pur.
