Le Nigeria propose l’asile sur son territoire à Yahya Jammeh

La Chambre basse du Parlement nigérian vient de voter une motion accordant l’asile politique au président gambien Yahya Jammeh, un moyen pour mettre fin à la crise postélectorale en Gambie.

Le président nigérian, médiateur de la CEDEAO, qui est attendu à Banjul ce vendredi avec une délégation de dirigeants de la sous-région ouest-africaine, devait donc s’y rendre avec en poche cette motion offrant l’asile à Jammeh au cas où il cédait le fauteuil présidentiel à Adama Barrow. Ce candidat de la coalition de l’opposition a remporté officiellement la présidentielle du 1er décembre dernier.

La délégation de la CEDEAO a pour mission de convaincre le président Jammeh d’accepter le verdict des urnes et de permettre une passation de pouvoir pacifique.

Mais, mercredi, le chef de l’Etat sortant a nommé, de manière unilatérale, un médiateur général pour aider à trouver une solution pacifique à la crise politique qui secoue son pays et annoncé son intention de demander au ministre de la Justice et au Parlement de voter une loi d’amnistie pour éviter toute chasse aux sorcières.

Jammeh a assuré qu’avec sa démarche, la crise sera résolue de façon pacifique, invitant par la même occasion au pardon mutuel entre les Gambiens.

La tâche ne semble donc pas facile pour Buhari et ses collègues, alors que le mandat de Jammeh arrive à sa fin le 18 janvier prochain. Yahya Jammeh se laissera-t-il séduire par la solution des députés nigérians ?

Rappelons que le Nigeria a déjà accordé par le passé l’asile à un certain nombre de dirigeants africains, dont l’ancien chef de guerre et ex-président du Liberia, Charles Taylor. Celui-ci avait reçu la proposition de l’asile en 2003 pour mettre un terme à la guerre civile qui secouait, depuis 1989, la Sierra Léone.

Seulement, trois ans plus tard, les autorités nigérianes étaient contraintes de le remettre à la justice internationale, à cause de la pression de la pression de la communauté internationale. Charles Taylor était finalement condamné à une peine de 50 ans de prison en 2013. Un exemple peut-être pas rassurant pour Jammeh.

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